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Buzzfeed, le site qui a révolutionné l’info en ligne aux Etats-Unis, lance une version en français

14/10/2013

1310 BUZZFEEDBEn grosses lettres noires sur un mur peint en jaune, un « LOL » (« laughing out loud », littéralement « mort de rire ») donne immédiatement le ton. Au coeur de Manhattan, nous sommes chez BuzzFeed, un site d’information bâti pour « l’ère du Web social », selon son fondateur, Jonah Peretti, 38 ans.
Surfant sur la vague Facebook et Twitter, la jeune start-up new-yorkaise a connu, ces deux dernières années, une croissance vertigineuse. Selon des chiffres internes, elle a attiré 85 millions de visiteurs en août, une audience multipliée par trois en un an ! Fin janvier, un nouveau tour de financement la valorisait à 200 millions de dollars (149 millions d’euros), dix fois le chiffre d’affaires réalisé en 2012.
La moitié de son audience est déjà réalisée en dehors des Etats-Unis. Pour aller encore plus loin, Buzzfeed a annoncé lundi 14 octobre le lancement d’éditions en français, espagnol et portugais, grâce à un partenariat avec Duolingo. Le site va également recruter des éditeurs parlant ces trois langues pour créer des contenus spécifiques. Il n’a cependant pas précisé où ses emplois seraient localisés. Des pages d’accueil spécifiques à la France, l’Espagne et au Brésil seront également créées.

Son succès, BuzzFeed l’a d’abord construit sur les « listicles », des articles sous forme de listes au fort potentiel viral. Exemples récents : les 25 plus gros mensonges que l’on vous a racontés pendant votre enfance, 15 chats très en colère, 17 manières terribles de faire sa demande en mariage. « Nous créons des contenus que les gens veulent partager avec leurs amis », résume M. Peretti. Les réseaux sociaux font le reste. Ils représentent plus de la majorité du trafic, une proportion sans commune mesure avec les sites d’information traditionnels, dont l’audience repose davantage sur Google.
« Google était un moyen pour les éditeurs d’attirer des visiteurs avant la naissance des médias sociaux. Mais il est devenu évident que ces derniers sont plus efficaces », poursuit-il. Bien figurer dans les moteurs de recherche n’est pas la priorité de BuzzFeed. « Nous ne regardons pas les chiffres, assure le patron. Si vous vous focalisez trop sur Google, vous finissez par construire un site pour les robots. »

UN RECRUTEMENT MASSIF
Ce diplômé de Yale, qui n’a pas encore troqué son jean et ses baskets, faisait déjà partie de l’équipe qui a fondé le Huffington Post, dont le rachat, en février 2011 par AOL, constitue un tournant pour BuzzFeed, jusque-là simple agrégateur de liens. Jonah Peretti s’y consacre alors à plein-temps et met l’accent sur la production de contenus. Il embauche massivement, quand des investisseurs lui conseillent de faire comme d’autres : miser sur les contributions d’utilisateurs et les blogueurs non payés. En deux ans, les effectifs passent d’une vingtaine à près de deux cents personnes.
Il débauche notamment Ben Smith, l’un des blogueurs vedettes du site d’information politique Politico, qu’il nomme rédacteur en chef. D’autres journalistes renommés suivent. L’objectif est autant de développer les contenus « sérieux » que de bâtir une crédibilité journalistique. Début janvier 2012, premier scoop d’envergure : BuzzFeed révèle que John McCain, l’ancien candidat à la Maison Blanche, va soutenir Mitt Romney dans la course à l’investiture républicaine. Durant l’été, le site s’associe même avec le New York Times pour suivre les conventions des deux partis. « Les gens veulent alterner entre l’amusant et le sérieux », avance M. Peretti pour justifier ce mélange des genres. De l’information et du divertissement, comme sur les réseaux sociaux. « Pour la génération Facebook et Twitter, tout cela semble très naturel. »

AUCUNE BANNIÈRE
BuzzFeed détonne également en matière publicitaire : aucune bannière n’y est affichée. « Les annonceurs veulent raconter des histoires, ce qui n’est pas possible avec l’espace limité d’une bannière », explique son patron. A la place, le site propose des contenus sponsorisés qu’il aide à produire et à promouvoir. Exemple le plus célèbre : le « razorbombing », un phénomène viral consistant à prendre une photo en utilisant un rasoir pour jouer avec le décor. Créé de toutes pièces par BuzzFeed, il assurait la promotion d’une marque de rasoirs.
« Nous pourrions faire plus de profits si nous le souhaitions, en mettant un frein aux embauches », assure M. Peretti. Mais l’accent est mis sur la croissance. Le site se lance dans la production de vidéos et devrait bientôt couvrir l’économie. Et après le Royaume-Uni, le voila donc parti à la conquête du reste du monde.

Source : LeMonde.fr

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