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La BD a surfé sur la crise en 2011

31/01/2012

Résistant à la crise, les ventes de l’univers de la bande dessinée ont progressé de 3,9 % l’an dernier. En volume, elles sont restées quasi stables. Mais l’inflation s’est poursuivie sur le front de l’offre éditoriale.

La crise ? Connais pas ! Tel pourrait être le message choc du monde de la bande dessinée, qui se retrouve à Angoulême pour le 39e Festival international de la BD. L’an dernier, les secousses économiques ou les faiblesses chroniques de certains des plus importants distributeurs, comme les hypers ou la FNAC, n’ont guère fragilisé le monde du neuvième art. En valeur, le marché a progressé de 3,9 %, à 416 millions d’euros, soit 12 % du marché total de l’édition, contre une hausse de 3 % en 2010 selon GfK. En volume, les ventes ont cédé un maigre 0,4 %, à 38 millions d’exemplaires. Et en termes d’offre, le catalogue s’est encore enrichi de 5.327 nouveaux titres (+3 % par rapport à 2010), selon les chiffres de Gilles Ratier, le secrétaire général de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD).
Pour lui, 2011 restera comme l’année du : «publier plus, pour gagner plus». «Jusqu’en septembre, le marché était en baisse, mais les choses se sont inversées sur la fin de l’année», se réjouit Claude de Saint Vincent, le patron de Média-Participations (connu pour Dargaud, Dupuis, Le Lombard ou Kana). Il constate que le marché est de plus en plus saisonnier, Noël confirmant qu’il est devenu un événement absolument incontournable pour la BD.

Le quatuor de tête
A eux seuls, les quatre premiers groupes d’éditeurs -Média-Participations, le nouveau tandem Delcourt-Soleil, Glénat et Casterman- contrôlent 44 % du marché, selon les chiffres de Gilles Ratier. Derrière ce quatuor, plus de 300 éditeurs, souvent de taille très modeste, tentent de surnager sur un marché très encombré. Car, avec une production en hausse pour la seizième année d’affilée, ce sont désormais près de 10 nouveaux titres qui sortent chaque jour. Même si le nombre de réelles nouveautés qui ont tenté de trouver de la place dans les bacs l’an dernier n’est « que » de 3.841 (le solde étant constitué par des rééditions permettant de valoriser le fonds de catalogues, des essais ou albums d’illustration), au total la production a pratiquement triplé en dix ans. «Nous proposons 12 % des nouveautés et nous réalisons 30 % des ventes. Nos albums se vendent trois fois plus que ceux des autres », remarque Claude de Saint Vincent, qui constate qu’il n’a « jamais été aussi facile de trouver des auteurs et aussi difficile de trouver des lecteurs ». Résultat, selon Gilles Ratier, seuls 1.487 auteurs, sur un total de 1.749 ayant contribué à une nouveauté l’an dernier, parviennent à vivre de leur travail dans l’univers de la bande dessinée. Les libraires sont face à des difficultés liées à la maîtrise de leurs coûts (prix des loyers en centre-ville, coûts salariaux…), les hypers sont globalement dans une phase très difficile. Seuls les cybermarchands, encore modestes, connaissent une franche croissance. Et les éditeurs souffrent.

Un genre à faible rentabilité
«A un moment, la réalité économique rattrapera ce secteur, prédit Claude de Saint Vincent. La BD reste un genre à faible rentabilité. Cela coûte deux fois plus cher de faire un album grand format en couleur cartonné qu’un roman en noir et blanc, et pourtant cela se vend moitié prix. Le roman d’un inconnu trouve son équilibre à 2.500 exemplaires. En BD, deux inconnus, un scénariste et un dessinateur, ne trouvent l’équilibre qu’au-delà de 10.000 exemplaires.»

En 2011, plus que de nouveaux venus, ce sont les grandes sagas comme « XIII », « Kid Paddle », « Boule et Bill » ou même « Tintin » qui ont trusté les plus hautes marches sur le podium du marché de la bande dessinée franco-belge. Tous segments confondus, les ventes ont encore été tirées par l’univers manga, qui ne progresse plus mais a trouvé un rythme de croisière, et qui occupe 5 des 10 premières places du hit-parade des ventes, selon GfK. Dans ce Top 10, on trouve toutefois aussi la trace de deux oeuvres originales, « Quai d’Orsay, tome 2 » et « La Planète des Sages », qui prouvent que la BD est susceptible de séduire un public large, diversifié et exigeant.

Source : Les Echos

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