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Joffrin : «Un bond de 33 % des ventes du Nouvel Obs»

28/06/2011

Laurent Joffrin est l’invité du «Buzz Média Orange-Le Figaro».


Pari gagné. La nouvelle formule du Nouvel Observateur, lancée le 5 mai dernier, a permis au premier news magazine français de faire décoller ses ventes. Sur l’année 2010, la diffusion France payée du Nouvel Observateur avait atteint 502 442 exemplaires en moyenne (stable, à +0,04% par rapport à 2009), selon l’OJD. À l’issue de cette refonte de l’hebdomadaire, l’impact sur les ventes est-il déjà palpable? «Oui. Nous avons lancé une offensive. Claude Perdriel a décidé d’investir. Nous avons donc augmenté la pagination, réduit les délais de bouclage, embauché des gens et modifié la formule de notre site Web. Sur deux mois (7 numéros), les ventes ont augmenté de +33% pour les ventes au numéro (hors abonnement), l’indicateur le plus sensible. Si l’on annule “l’effet Dominique Strauss-Kahn” (+82%, NDLR), nous en sommes à +25%. Et sur les sujets magazines, qui ne sont pas directement liés à l’actualité, nous faisons aussi de bons scores. L’accueil est bon, il n’y a aucun doute, et l’offensive a marché jusqu’ici», explique Laurent Joffrin, qui a quitté en mars dernier la présidence du quotidien Libération pour devenir patron de la rédaction et de président du directoire du groupe Le Nouvel Observateur, propriété de Claude Perdriel. La diffusion payée en France du Nouvel Obs est ainsi passée à 525.000 exemplaires en mai 2011 (contre 498.000 en mai 2010), et à 515.000 exemplaires en juin 2011 (contre 497.000 un an plus tôt). La perspective de l’élection présidentielle peut-elle accélérer les ventes? «Bien sûr. On nous disait toujours que nous étions un journal de gauche sympathique, gentil, un peu nuancé… Et les plus méchants disaient (de nous): “C’est de gauche molle”. Donc nous avons dit: “La gauche molle se rebiffe!”, s’amuse Laurent Joffrin. Tout le monde s’est mobilisé. Cela marche bien et l’actualité va forcément nous servir puisque nous sommes un journal indépendant. Nous ne serons pas la remorque de telle ou telle faction de candidat. Nous jouerons notre rôle civique. Nous serons plus réactifs. Nous avons augmenté le nombre de rubriques. Il y a maintenant deux dossiers chaque semaine, au lieu d’un. Il y avait auparavant deux pages de «téléphone rouge» (confidentiels, NDLR), il y en a 8 maintenant. Globalement, nous prenons plus d’angles et sommes plus polémiques dans le sens où la société française a besoin d’angles plus musclés. Nous sommes plus dynamiques», résume le patron du groupe Nouvel Observateur, qui navigue depuis 1981 entre l’hebdomadaire fondé par Jean Daniel en 1964 et le quotidien Libération.
Depuis mai dernier, Le Nouvel Obs est aussi devenu bimédia, avec le rapprochement des rédactions print et Web. Un développement qui conduit le magazine papier à faire davantage évoluer sa fonction. «Il doit y avoir plus d’enquêtes approfondies, plus d’écriture, de décryptages et de mise en perspective. Il s’agit de donner un sens à la profusion incroyable d’informations qu’il y a aujourd’hui. On est à chaud sur Net et ensuite on prolonge dans le print», explique Laurent Joffrin. Le site Web du Nouvel Obs a totalisé 5,8 millions de visiteurs uniques en mai, selon Médiamétrie NetRatings. Sa rentabilité est envisagée «à terme». «Pour l’instant, nous avons investi, embauché, créé un nouveau service qui s’appelle Le Plus. Nous bougeons tout le temps, et cela coûte de l’argent mais c’est un investissement avec un plan sur plusieurs années pour monter l’audience et générer de meilleures recettes», précise-t-il.

«Je n’en veux pas à Edouard de Rothschild»
Début août, Laurent Joffrin reconstituera avec Nathalie Collin au Nouvel Obs le couple qu’ils formaient à la tête de Libération. Deux départs mal vécus par Édouard de Rothschild, le président du conseil de surveillance et actionnaire à 26% de Libération. L’homme d’affaires s’est montré critique sur leur gestion du quotidien. «Je n’ai pas bien compris. Il a dit que nous avions acheté la paix sociale, mais je ne vois pas très bien avec quel argent ! lance Laurent Joffrin. J’ai fait un plan social de 80 personnes, on ne peut pas dire que l’on achète la paix sociale quand on fait cela! Quand je suis arrivé, Libération était pratiquement en faillite. Aujourd’hui, l’exploitation est équilibrée, ce n’est pas un journal qui roule sur l’or mais la gestion, précisément, a été remise à flot grâce notamment à Nathalie Collin». Aux yeux de Laurent Joffrin, la réaction d’Edouard de Rothschild serait finalement «un signe d’attachement, sourit-il. Nous avons bien fonctionné avec lui. Il est formidable et a mis beaucoup d’argent dans Libération. Il a assuré l’indépendance du journal. Là, il était furieux, il a un caractère, Édouard, et je ne lui en veux pas».

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