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Sur le Web, le New York Times va faire payer les gros lecteurs

20/03/2011

La question angoisse tous les journaux : peut-on faire payer les lecteurs du site web sans les faire fuir ? Le New York Times pense avoir enfin trouvé la réponse : oui, à condition de ne faire payer que les plus gros consommateurs. Désormais, il faudra donc payer 15 dollars par mois pour lire plus de vingt articles. Et selon le New York Times, le pari est moins risqué qu’on le croit.
Avec plus de 30 millions de visiteurs, le site du New York Times est une des sources d’information préférées des internautes anglophones. C’est aussi un modèle pour les éditeurs de journaux du monde entier.
Comme eux, pourtant, le New York Times n’a jamais trouvé la formule idéale pour gagner de l’argent en ligne. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. En 2005, il rendait payant l’accès à ses archives – très riches – et aux articles de ses chroniqueurs-vedettes (comme l’économiste Paul Krugman). Ces produits d’appel n’ont pas convaincu les internautes, et deux ans plus tard, le New York Times revenait au tout-gratuit.
Cette fois-ci, promis, c’est la bonne. Le New York Times l’a annoncé à ses lecteurs jeudi : à partir du 28 mars, on pourra toujours lire gratuitement le site… à condition de se contenter de vingt articles par mois. Les lecteurs canadiens servent de cobayes pour d’éventuels ajustements, puisque pour eux, la nouvelle formule s’applique dès maintenant.

Onze euros par mois pour lire tout le site
La logique du New York Times est simple : la qualité et la variété de ses informations a un coût, et ceux qui y sont accros peuvent facilement l’admettre. Et à s’abonner pour disposer d’un accès illimité aux contenus :
• 15 dollars par mois (un peu moins de onze euros) pour l’accès à partir du site et de l’application pour téléphone ;
• 20 dollars par mois (14 euros) pour le site et la version iPad ;
• 35 dollars par mois (un peu moins de 25 euros) pour un accès universel.
Risqué ? Pas tant que ça, assure la patronne de la New York Times Company, Janet Robinson. Selon elle, 15% seulement des visiteurs du site dépassent le seuil des vingt articles. L’audience du site ne devrait donc pas s’effondrer, comme cela avait été le cas pour le Times anglais. Celui-ci aurait perdu presque 90% de ses internautes depuis qu’il a imposé le tout-payant, indépendamment du nombre d’articles consultés.
Le New York Times pense donc être doublement gagnant. Avec les 85% de « petits » consommateurs, il gardera une audience importante, et les revenus publicitaires qui vont avec. Et quant aux 15% d’« accros », peu importe qu’une partie d’entre eux boude et refuse de s’abonner.

5% d’abonnés = 8,5% de chiffre d’affaires en plus
Le blog Biz Blog du Poynter Institute, un centre de recherche spécialisé dans les médias, a fait les calculs. Sur les 30 millions de visiteurs du site du New York Times, six millions sont de « gros » consommateurs :
« Si seulement 5% d’entre eux se convertissent à la formule payante, cela ferait déjà 300 000 personnes. Au tarif de base – 15 dollars par mois –, cela représenterait 58,5 millions de dollars supplémentaires [41 millions d’euros, ndlr], une augmentation d’environ 8,5% par rapport au chiffre d’affaires total du journal en 2010. »
Le Wall Street Journal et le Financial Times avaient déjà prouvé que le modèle « freemium » – en partie gratuit (« free »), en partie payant (« premium ») – pouvait fonctionner. Mais ce n’était pas si surprenant pour ces journaux économiques de référence : les hommes d’affaires sont prêts à payer cher pour accéder en temps réel à des informations très spécialisées.
Le New York Times, lui, tente de prouver que la formule peut aussi fonctionner pour l’information généraliste. Et que les internautes ne veulent pas se contenter des contenus des pages « actualité » de Google ou Yahoo.
« Ça fait deux repas chez McDonalds »
En France, plusieurs sites imposent aussi un abonnement – par exemple, 15 euros par mois pour celui du Monde –, mais leur partie gratuite propose peu d’articles de fond. On comprend donc mieux l’excitation que l’annonce du New York Times a provoqué chez les patrons de presse mondiaux : et si on avait enfin trouvé la solution ?
Cette excitation, les 2 000 internautes ayant commenté l’annonce sur le site du New York Times ne la partagent pas toujours. Le journal l’a lui-même noté, en sélectionnant deux exemples résumant le débat :
« Le prix est trop élevé. Je ne peux pas me le permettre. J’irai sur le site de la BBC ou de CNN. Désolé, New York Times, vous avez encore choisi les riches. »
« Les “riches” ? Ça fait deux repas chez McDonald’s. Pour un mois d’information. Je suis heureux d’apporter mon soutien au New York Times à un prix aussi bas. »
Et vous, seriez-vous prêts à réduire votre « consommation » d’info à vingt articles, ou à payer pour pouvoir continuer à lire sans limite ?

Source : Rue89

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