Skip to content

Voiture, mobilité, partage : demain c’est aujourd’hui

07/03/2011

CR de la conférence nationale de l’observatoire du véhicule d’entreprise :
Evolution du rapport à la voiture

L’un des premiers à prendre la parole, Eric Champarnaud, directeur associé au BIPE et responsable des études de prospectives stratégiques sur le secteur de l’automobile, a présenté sa vision d’expert du marché et des usages de l’automobile à court et moyen terme. L’équipe du BIPE évalue chaque année les critères d’achat de la voiture et les hiérarchise par ordre d’importance et de sensibilité. Actuellement et c’est de plus en plus vrai chaque année, le prix d’achat, la sécurité et le coût d’utilisation sont les critères les plus « sensibles » au moment d’acheter une voiture. A contrario, l’image de soi aussi bien en termes de personnalité que de niveau de vie est un critère dont l’importance relative n’en finit plus de baisser. Ces résultats attestent l’idée que la voiture est en train de devenir une commodité. Pour Eric Champarnaud, l’explication est avant tout économique : la voiture demeurerait un symbole de statut y compris pour les jeunes générations, ce dont on est clairement en droit de douter.

La perception des attentes de mobilité et les réponses

Avec le passage de Servane Tellouck-Canel et de Pierre-Alain Mamet d’IBM, nous sommes rentrés dans le vif du sujet : quelle mobilité, demain ? Leur intervention s’est appuyée sur les résultats de leurs dernières enquêtes sur l’évolution de la mobilité et du secteur automobile dans le monde tels que perçus par les grands décideurs du secteur : comment ces décideurs perçoivent-ils les nouvelles attentes en termes de mobilité et comment comptent-ils y répondre ? La question sous-jacente et qui devient de plus en plus urgente est celle des conditions du passage stratégique d’une logique de fabricant d’automobiles à celle de fournisseur de services : quand, comment, à quel prix sont les questions que se posent aujourd’hui les décideurs. IBM est d’ailleurs bien placé pour accompagner les constructeurs vers ces évolutions puisque le géant de l’informatique a connu exactement la même évolution : de fabricant d’ordinateurs, IBM a progressivement évolué vers les services (qui représentent 50% du chiffre d’affaire d’IBM à l’heure actuelle).Pour répondre à ces attentes nouvelles, les constructeurs commencent à apporter des réponses.
Certains ont franchi le pas et ont déjà lancé leurs offres de forfaits mobilité, à grand renfort de communication, tels que Peugeot (Mu by Peugeot) ou Citroën (Multicity). Mais ces initiatives restent isolées et ressemblent plus à des tests du marché qu’à de profonds changements de cap stratégiques. Car, qui dit changement stratégique dit refontes profondes en termes d’organisations, et à ce jeu-là, ce ne sont pas forcément ceux qui communiquent le plus qui sont le plus en avance (des annonces seraient à venir du côté de nos voisins allemands par exemple). Les véritables innovations viendraient, selon Servane Tellock-Canel, des startups de la location de voitures et de l’autopartage entre particuliers dont je vous parle très souvent sur ce blog : Deways , Voiturelib, Livop, Cityzencar et le dernier né Buzzcar.
Internet et la voiture servicielle : « du statutaire à l’utilitaire »
La dernière partie de la conférence est celle qui m’a le plus intéressé. Bruno Marzloff, sociologue et directeur du groupe Chronos est brillamment intervenu sur le thème du « marché unique des mobilités et de la vassalisation de l’automobile », suite à une enquête réalisée avec TNS Sofres sur « la voiture servicielle » et les attentes en termes de mobilité.
D’après le sociologue, il existe actuellement au sein de l’opinion une volonté réelle d’être acteur de sa mobilité : l’objet voiture serait ainsi progressivement délaissé au profit d’autres formes de mobilités. 57% des personnes interrogées déclarent moins utiliser la voiture (certains l’ont même abandonnée) et la marche connait un regain d’intérêt fort. On assisterait à un « passage du statutaire à l’utilitaire » et ce, pour des raisons qui dépassent l’économique. « Il est normal que certaines générations [qui ont toujours vécu avec la voiture] continuent de rêver » mais aujourd’hui des tendances de fond s’amorcent et, selon le sociologue, « l’accélération des maturités est impressionnante » : « L’appétence pour la marche est réelle » et l’adoption massive des réseaux sociaux fait perdre à la voiture de sa superbe auprès des nouvelles générations.
Internet et les réseaux sociaux relativisent les distances et réunissent les individus comme jamais auparavant. Du coup, quel sera le rapport à la distance demain dans un monde où la promesse du porte-à-porte qu’apportait la voiture s’effondre ? Réponse esquissée par le sociologue : « la mobilité physique et la mobilité numérique vont devoir communiquer ». Cela pourra prendre différentes formes comme celles d’intégrer le covoiturage aux plans de déplacements en Entreprise ou d’inventer de nouvelles formes de télétravail mais « la transformation qui s’annonce est un vrai Tsunami ».
Du coup, l’analyse et le traitement des données vont définir le futur de la mobilité prédit Bruno Marzloff : « la mobilité de demain, c’est l’Iphone ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les « acteurs des intelligences » font une incursion progressive et remarquée dans ce secteur : IBM donc, Orange, mais aussi Google dont l’investissement dans la startup américaine RelayRides (Partage de voitures en Peer-to-Peer) n’est pas anodin.

Quel rôle doivent et vont jouer les pouvoirs publics dans ces évolutions ?

La question qui reste en suspens est celle de l’encadrement et de l’accompagnement par les pouvoirs publics de ces nouvelles mobilités (« la ville est le grand absent des discussions sur les nouvelles formes de mobilité »). « Dans un système largement dominé par l’automobile comme moyen de transport, il est impossible de parler d’urbanisation sans évoquer la voiture. » En Ile de France par exemple, sur les cinquante dernières années, la croissance du territoire a été six fois plus importante que la croissance démographique. Sans la voiture, cela n’aurait pas été possible. En conséquence, nos vi(ll)es sont aujourd’hui organisées pour et par la voiture et les pouvoirs publics commencent à changer de perspectives à l’endroit de la voiture. Dans le dernier plan d’investissements national prévu dans les transports, seulement 4% concerne les capacités routières et autoroutières alors que 55% vise une extension des voies ferrées.

Autrefois symbole de liberté, la voiture est maintenant bridée (comme à Strasbourg où le maire, Roland Ries souhaite limiter la vitesse à 30km/h) et pour éviter la thrombose que connaissent certaines villes (Djakarta, Sao Paulo), d’autres municipalités prennent des décisions radicales. A New-York, la mairie a fixé comme objectif de doubler le nombre de passagers moyen par voiture. A Pékin, un système équivalent au Vélib’ vient d’être lancé à 100 000 unités. Au Danemark, le programme « Two-thirds green, one-third Black» vise à promouvoir la marche et le vélo. Avec 55% de sa population se rendant au travail ou à l’école en vélo, Copenhague est régulièrement présentée comme LA ville des vélos. L’exemple le plus avancé d’intégration étant la ville de Stockholm : avec seulement 47 % de la part de transport dévolue à la voiture (65% en moyenne dans les autres capitales européennes) et 0,88 auto par ménage (respectivement 1,32), Stockholm est un bon exemple d’une ville à la mobilité apaisée.

« L’accélération des maturités » des consommateurs et « le tsunami qui s’annonce » amènent M. Marzloff à appeler de ses vœux l’émergence un nouvel écosystème de la mobilité. Quel sera le rôle des pouvoirs publics dans l’émergence de ce nouvel écosystème ? Comment les constructeurs vont-ils réagir ? Autolib est-il une réponse crédible à ces nouvelles attentes en termes de mobilité ? De nombreuses questions auxquelles les années à venir apporteront des réponses.

Source : consocollaborative.com

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :