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2010, année historique pour les entrées dans les salles de cinéma

06/01/2011

Pas un film n’a franchi la barre des 6 millions d’entrées, dans les cinémas de France, en 2010. Et pourtant, le résultat est là, presque incroyable : les salles ont enregistré 206,49 millions d’entrées. Il faut remonter à 1967 pour trouver un meilleur score (211,45 millions d’entrées). Mais à cette époque, le paysage était différent, la télévision n’était pas dominante, Internet n’existait pas. Le chiffre 2010 est également bien supérieur au niveau moyen des dix dernières années (188 millions). A contrario, aux Etats-Unis, la fréquentation des cinémas serait en baisse de 5,4 %.

2010 est donc bien « une année record » pour le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), qui a dévoilé ces chiffres mercredi 5 janvier. Et pourtant le CNC attendait mieux ! 188 millions d’entrées étaient déjà comptabilisées en novembre, et certains pensaient que le seuil de 210 millions serait atteint. Mais décembre s’est avéré décevant (- 13,5 % par rapport à 2009), du fait des intempéries, entre autres.

En 2008, le triomphe de Bienvenue chez les Ch’tis (20,4 millions d’entrées) avait dopé la fréquentation (188,9 millions d’entrées, contre 177 millions en 2007). Rien de tel en 2010, où le plus gros blockbuster de l’année, Harry Potter ou les répliques de la mort, a engrangé 5,3 millions d’entrées, talonné par Les Petits Mouchoirs, film français de Guillaume Canet (5,2 millions). Suivent les Américains Inception (4,9 millions), Shrek 4 (4,6 millions), Alice au pays des merveilles (4,5 millions), Toy Story 2 (4,3 millions), Camping 2 (3,9 millions).

Au total, quinze films enregistrent chacun plus de 3 millions d’entrées, « soit le plus haut niveau de la décennie », commente le CNC. Mais aussi vingt-cinq films atteignent plus de 2 millions d’entrées, cinquante films plus d’un million, 94 films plus de 500 000 entrées. Cette densité de belles performances sur une centaine de films explique sans doute ce bilan record.

Autre facteur. Les temps de crise favorisent le « box-office ». C’est même mieux que ça : le CNC a pu constater, sur une longue durée, que les périodes de difficultés économiques coïncident avec des pics de fréquentation. Ce principe a été largement vérifié dans le passé, aux Etats-Unis par exemple, lors de la dépression des années 1930.

Est-ce aussi le cinéma en relief (3D), favorisé par le passage au numérique des salles, qui attire de nouveaux spectateurs ? Plus de 1 800 salles sont équipées de projecteurs numériques, soit un tiers des écrans français. En 2010, 24 films ont fait l’objet d’une exploitation partielle en 3D (contre 16 en 2009), et ont enregistré plus de 33 millions d’entrées.

Ces 206 millions de spectateurs vont voir quoi ? Sur les dix premiers films, six sont américains, trois français, un britannique (Harry Potter). La part de marché des films venant des Etats-Unis perd deux points, passant de 49,7 % en 2009 à 47,7 % en 2010. Neuf films américains réalisent plus de 3 millions d’entrées, soit le plus haut niveau de la décennie. Pourtant, en cumulant 98,46 millions d’entrées en 2010, les films américains subissent un léger recul de 1,6 % par rapport à 2009.

Les films non français et non américains affichent une belle progression (16,8 % des entrées, contre 13,5 % en 2009), apparemment liée au score de Harry Potter.

La part du cinéma français est en légère baisse : 35,5 % en 2010 contre 36,8 % en 2009. La surprise est ailleurs : cinq films français ont comptabilisé plus de 3 millions d’entrées, contre trois en 2009 : Les Petits Mouchoirs et Camping 2, déjà cités, mais aussi Arthur 3 (3 millions), et puis les deux surprises de l’année, L’Arnacoeur (3,9 millions) et Des hommes et des dieux (3,1 millions). On trouve aussi derrière Océans (2,9 millions), La Rafle (2,8 millions) et Potiche (2,2 millions). Ce sont aussi dix-neuf films français qui ont dépassé le million d’entrées. Il n’empêche, la fréquentation des films français diminue de 0,9 %, pour atteindre 73,35 millions d’entrées – niveau qui reste supérieur à la moyenne des dix dernières années (72,42 millions).

Tout va bien, à lire le communiqué du CNC. Pourtant, on ne sait pas encore quelles sont les « parts de marché » des films selon leur genre : cinéma d’auteur, comédie, film d’action, documentaire. Le CNC pourra communiquer sur la situation des films art et essai au moment du Festival de Cannes, en mai. Surtout, le record 2010 porte une énorme disparité. Pour un succès inespéré comme Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, combien d’échecs commerciaux ? Combien de films évacués des écrans au bout d’une semaine, ou programmés au compte-gouttes, parce que jugés non rentables ou devant laisser la place à un autre, au potentiel plus fort ?

Les professionnels indépendants – producteurs, réalisateurs, distributeurs ou exploitants – disent rencontrer des difficultés croissantes. Leur crainte est que le fossé se creuse encore plus entre les « grands » qui trônent dans le palmarès du CNC, et les « petits » qui n’y apparaissent pas.

Source : LeMonde.fr

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