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Les géants du luxe renouent avec des taux de croissance galopants

05/08/2010

Après une année 2009 historiquement catastrophique, les consommateurs du monde entier dépensent à nouveau des fortunes dans les produits de luxe, de la mode, des accessoires en passant par les champagnes.
Numéro un mondial de l’horlogerie, le suisse Swatch a annoncé des résultats semestriels mirobolants : un bénéfice net en hausse de +54 %, à 465 millions de francs suisses (337,7 millions d’euros), et un chiffre d’affaires en augmentation de +22,1 %, à 2,9 milliards de francs suisses. « La croissance a été soutenue en juillet et nous anticipons de solides résultats pour le second semestre 2010 (…). Le grand défi sera de résoudre rapidement les problèmes de capacité de production qui se posent d’ores et déjà dans certains secteurs », a indiqué le groupe de Bienne, présidé par Nayla Hayek.
L’effet crise est-il définitivement gommé ? Bon nombre de PME ont souffert. Mais ce n’est plus le cas des géants du secteur. Dopés par une reprise des marchés historiques, tant européens qu’américains, et par l’essor stupéfiant de la Chine, leurs résultats semestriels montrent que le luxe a rapidement tourné le dos à la crise. Seul le Japon continue de faire grise mine.
Alors qu’en 2009, le marché mondial avait chuté de 8%, à 157 milliards d’euros, selon le cabinet Bain & Co, la tendance repasse franchement au vert. « Les résultats des six premiers mois de l’année ont presque tous été meilleurs que ce que l’on attendait », commente Isabelle Ardon, gérante du fonds Société générale actions luxe.

OPTIMISME PARTAGÉ
Avec deux très belles surprises : les croissances remarquables d’Hermès et de Louis Vuitton, explique Mme Ardon. D’autant plus qu’ils avaient bien résisté au premier semestre 2009, ce qui rendait moins facile la comparaison avec 2010. Dérogeant à son habituelle prudence, la direction d’Hermès a même prévu un doublement de croissance des ventes – entre 10 % et 12 % – en 2010. Les PDG de LVMH et PPR, Bernard Arnault et François-Henri Pinault, se sont aussi déclarés « confiants » pour le second semestre. Louis Vuitton, la marque emblématique de LVMH, a embauché 320 maroquiniers en un an et construit un atelier dans la Drôme.
Le champagne, les vins et spiritueux tout comme l’horlogerie, laminés l’an dernier en raison de phénomènes de déstockage, retrouvent des couleurs. « Les déstockages étaient tels en 2009 que les expéditions de champagne avaient davantage chuté que la demande finale des clients », souligne Mme Ardon.
Ces phénomènes, également importants dans l’horlogerie l’an dernier, sont terminés. Richemont (Cartier, Piaget…) a certes annoncé une baisse de ses résultats en 2009-2010, mais « il faut désormais s’attendre à de bonnes nouvelles financières » pour ce groupe suisse, prévoit Mme Ardon. Le PDG du groupe, Johann Rupert, pourtant considéré comme le plus prudent voire le plus pessimiste des patrons du luxe, a convenu du fait que Richemont avait « traversé la crise rapidement, tout en augmentant ses parts de marché ». Il bénéficie d’une assise financière assez solide pour être « prêt à des opportunités de croissance dans de nouveaux marchés ».
Les ventes du pôle luxe de PPR, Gucci Group, ont augmenté dans toutes ses filiales depuis janvier (Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent…). La marque Gucci poursuit sa percée dans les pays émergents, où s’effectuent désormais plus de 40 % de ses ventes.
Les groupes les plus fragiles ont assaini leurs finances. Toujours détenu par la famille fondatrice à 95 %, l’italien Prada, qui songe une nouvelle fois à entrer en Bourse – malgré trois tentatives infructueuses -, vient de conclure un prêt de 360 millions d’euros sur trois ans auprès d’un pool bancaire, afin de se désendetter et doper l’implantation de ses magasins. Le groupe milanais a annoncé, mercredi, une hausse de 29 % de son volume d’affaires, à 930 millions d’euros. Le joaillier italien Bulgari a, quant à lui, réduit ses pertes semestrielles.
Bain & Co a revu à la hausse, en mai, ses prévisions de croissance mondiale du luxe pour 2010 de 1 % à 4 %. Selon Antoine Belge, analyste luxe de HSBC, le secteur devrait croître davantage. En juin, HSBC pariait « sur une hausse de 10 % du marché mondial cette année », avant de revenir à un palier, auquel ce secteur a longtemps été habitué, « de 7 % de croissance en 2011 ». L’occasion de vérifier une nouvelle fois cette maxime du philosophe Gaston Bachelard : « L’homme est une créature du désir, non pas une créature du besoin. »

Source : Lemonde.fr

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