Skip to content

L’essor de la vidéo à la demande aiguise les convoitises

26/04/2010
tags: ,
by

La vidéo à la demande, autrefois appelée paiement à la séance et connue sous l’appellation anglo-saxonne de VoD (pour Video on Demand), n’avait jamais vraiment trouvé son public. Trop chère, trop peu fournie et concurrencée par le téléchargement illégal sur Internet. Depuis des années, la commande de film depuis son téléviseur ou son ordinateur vivotait. Au mieux, la VoD servait de produit d’appel aux opérateurs du câble et du satellite. Mais en 2009, tout a changé.
De nom d’abord : l’appellation VoD a vécu et a cédé sa place, français oblige, à la VàD, pour vidéo à la demande. Ce changement de nom va de pair avec le brusque renouveau de la consommation de films à l’acte. Un boom directement lié à l’alignement de la VàD sur le DVD. Depuis juillet 2009, selon la nouvelle chronologie des médias qui fixe le calendrier de l’exploitation d’un film de la salle jusqu’aux chaînes de télévision, VàD et DVD peuvent être vendus quatre mois après la sortie en salles.
L’effet a été immédiat.
Dès 2009, selon les chiffres collectés par le Centre national de la cinématographie (CNC), le chiffre d’affaires de la VàD a bondi de 64,1 % par rapport à 2008, pour atteindre 82,4 millions d’euros. Et 2010 maintient le rythme. Au premier trimestre, la VàD a progressé de plus de 60 %. Un regain lié aussi au développement ininterrompu des offres « triple play » (Internet, téléphone, télévision). Car neuf fois sur dix, c’est via son téléviseur, connecté aux réseaux haut débit, que l’on consomme la VàD.
Dès lors, tous les opérateurs veulent leur part du gâteau. Pas une grande chaîne, pas un fournisseur d’accès au Net qui n’ait développé son service de VàD accessible via la télévision, Internet, et, également, les iPhones et autres smartphones. Il faut dire que les prévisions ont de quoi faire saliver. Selon le cabinet d’études NPA Conseil, le chiffre d’affaires France de la VàD devrait ainsi s’élever à 330 millions d’euros fin 2011. Dans le monde entier, ce secteur d’activité devrait générer, fin 2011, un chiffre d’affaires de 8,8 milliards d’euros.
TF1, comme les autres acteurs du secteur, ne veut pas rater le coche. « Nous cherchons à accompagner le public dans son envie de consommer des contenus délinéarisés, hors d’une grille de programme, et sur tous les supports », admet Pascal Lechevallier, directeur de TF1 Vision, la plate-forme de VàD de la chaîne privée. Et ce, tout en gardant l’identité de la chaîne : TF1 Vision a ainsi « reconstitué TF1 ». Son offre allie notamment fiction, humour et programmes pour la jeunesse.
Sur le marché de la vidéo à la demande, Canal+ fait la course en tête. A lui seul, Canal Play, le service de VàD de la chaîne à péage, s’est arrogé « 30 % de part de marché », signale Frédéric Vincent, directeur du développement de Canal+. Pour le coup, Canal Play « est accessible par tous les téléspectateurs » et pas seulement les abonnés de la chaîne, précise M. Vincent. Surtout, la VàD en a fini avec la rareté de son offre : Canal Play propose ainsi 8 000 programmes, dont plus de 4 000 films.
Dès lors, la consommation de VàD n’est plus confidentielle. TF1, qui commercialise des séries en version originale sous-titrée simultanément à leur diffusion aux Etats-Unis, fait un tabac. Elle a vendu plus d’un million d’épisodes de l’ultime saison de la série Lost. Canal Play revendique plus de 600 000 téléchargements par mois. Toutefois, malgré ce boom, les habitudes de consommations bougent peu. Comme par le passé, le « X » arrive toujours loin devant, avec plus de 30 % des actes d’achat.
Pour l’heure, c’est la concurrence des services de VàD des fournisseurs d’accès à Internet qui agace les chaînes. Canal Play, promu par Canal+, filiale de Vivendi, n’est ainsi toujours pas disponible auprès des abonnés de SFR, pourtant une autre filiale de Vivendi.
Parmi les fournisseurs d’accès à Internet, Numéricâble offre à ses abonnés l’accès à « une trentaine de plates-formes de VàD ». Le câblo-opérateur veut leur permettre de « faire jouer la concurrence », notamment sur les tarifs des différentes versions des films. En pratique, les grandes enseignes de VàD proposent des prix très proches : 4,99 euros pour un film nouveau et 2,99 euros pour un long-métrage de catalogue.
Surtout, la généralisation de la VàD inaugure de nouvelles formes de consommation. Numéricâble parie sur le forfait et propose l’accès illimité à 50 films par mois pour 9,99 euros. C’est aussi le choix de TV Numéric, l’opérateur des chaînes payantes de la télévision numérique terrestre (TNT). Il veut se lancer dans la « Push VàD », une technique qui consiste à télécharger, aux heures creuses, des films dans les décodeurs des abonnés qui peuvent les consommer ensuite à leur guise. Grâce elle, « nous prévoyons d’atteindre l’équilibre en 2011 sur la TNT avec 250 000 abonnés », assure Marc Olivier, PDG de la société.
La soudaine bonne santé de la vidéo à la demande suscite des convoitises. Un projet de décret envisage ainsi d’aligner les obligations des sociétés offrant des services de VàD sur celles des chaînes à péage. Elles devraient alors consacrer 20 % de leurs chiffres d’affaires réalisé sur cette activité au financement du cinéma. Le syndicat des éditeurs de VàD s’oppose à cette initiative. « Ils n’ont pas compris l’économie de la vidéo à la demande », proteste Marc Tessier, président du Syndicat des éditeurs de VàD.
Paradoxalement, l’essor de la VàD, avec près de 23 millions de transactions en 2009, ne condamnerait pas le marché du DVD, ni même le secteur très en vogue de la télévision de rattrapage. « En 2009, les ventes de DVD ont même affiché une très légère progression de 0,5 %, qui a mis fin à quatre années de baisse », explique Jean-Yves Mirski, président du Syndicat de l’édition vidéo numérique (SEVN). Un regain lié à la haute définition et au DVD Blu-Ray. Selon M. Mirsky, les ventes sur ce format « décollent plus vite que celles de la VàD ». En 2009, le chiffre d’affaires des DVD Blu-Ray a atteint 108 millions d’euros.

Source : LeMonde.fr

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :